Le poumon de la ville.

Le parc Bordelais est probablement l'espace vert de la ville le plus connu et sûrement à juste titre, quoi que l'on pourrait discuter du bien fondé de cette prépondérance en lui comparant le jardin public situé en centre ville.

L'avantage du Parc Bordelais, outre sa vaste étendue, est de proposer une multitude d'entrées de parts et d'autres de sa circonférence (avenue du Général de Gaulle, rue du Bocage, avenue d'Eysines, avenue Carnot, rue du Parc ou encore rue Godard) et ce, accessibles assez facilement que vous soyez en voiture (place de parking souvent disponibles à proximité), à pied mais cela nécessite une bonne petite balade depuis le centre ville, ou en transport en commun ce qui est encore la meilleure solution quand on ne connaît pas la ville.

Situation et faune locale

Il jouxte un des plus calmes quartiers de la ville, celui de Caudéran, que les Bobos affectionnent pour sa situation idéale et son environnement tranquille.
Ils viennent y exhiber les dernières robes à smocks de leurs enfants ou les culottes de flanelle grises découpées sur mesure pour les culs rosis de fraicheur de leur progéniture masculine, les yeux bleus , la mèche blonde délicatement repoussée sur le côté par une mère attentive mais absorbée par les derniers commérages de ses copines et la lecture du dernier numéro de Marie Claire.

Quoi y faire?

Outre les quelques jeux traditionnels que l'on peut y trouver pour les enfants, genre cages à poules, attractions sur ressorts et autres passerelles et ponts de singes, il constitue à coup sûr le lieu de détente rêvé pour les dimanches ensoleillés où les samedis actifs pour les bambins du quartier et des environs.

C'est pourquoi j'y emmène parfois ma descendance pour qu'elle se fasse la main sur ces petits d'hominidés un peu différents de ceux qu'elle cottoie d'habitude sur les bancs de son école. Elle peut tout à loisir singer leur comportement de ch'tites n'enfants bien élevés et profiter ainsi de l'ascenseur social pendant quelques rares instants.

Quand son frère saura jouer au rugby comme il faut je l'y emmenerai aussi se faire les crampons sur les congénères de son âge et massacrer les pelouses engazonnées fraichement replantées.


Y voir qui?

On y rencontre aussi quelques coureurs à pied qui viennent s'y égayer de bon matin ou à la fraîcheur du soir, arborant fièrement une musculature dorée à l'autobronzant et les shorts moules burnes derniers cris achetés à prix d'or chez les revendeurs griffés du centre ville. Ben quoi ça le fait de s'exhiber le fessier enveloppé dans un caleçon Louis Vuitton en tergal non?

 

Ohhhhhhhhhhhh Quelle belle plante!

Les espèces et les essences d'arbre sont disséminées sur les 28 hectares que compte le parc qui vit le jour en 1885, dessiné par un architecte paysagiste allemand du nom d'Eugène Bühler. Par la suite, Camille Godard, qui fera don de sa fortune à la ville à sa mort, y intègre quant à lui des espèces nouvelles de Séquoia, de magnolias, ou encore de noyers d'Amérique et de cyprès de Louisiane.


Ouais y a des bêtes.. mais pas beaucoup!

Parcouru de petits sentiers, de bosquets et d'importants massifs fleuris, le parc comporte aussi des plans d'eau, quelques animaux tels que des chèvres, des lapins, quelques daims ainsi qu'un emeu et bien entendu les éternels cygnes, pigeons, canards et autres pensionnaires habituels de ce genre d'endroits.

D'aucun se permettent de penser dans les milieux z'otorisés qu'un spécimen de Cochon Chien à poils frisés aurait été vu un soir de plein lune rousse en compagnie d'un Zébrour de Tasmagonie subtropicale, mais il s'agit là probablement de ragots et il n'est apparu pour le moment aucune preuve pour confirmer ces dires.

Depuis peu les bestioles sont entourées d'un système défensif assez décourageant pour qui souhaiterait les atteindre et leur prodiguer moults caresses affectueuses... quelques petites mains fragiles auraient-elles fait les frais des dents acérées du gros cochon noir dont la panse ventrue touche le sol? Je n'ose l'espérer....

 

Pour les chtites n'enfants!

Les enfants, outre les espaces jeux mis à leur disposition, pourront à loisir profiter du petit théâtre de Guignol qui s'ouvre aux beaux jours, parcourir le plan d'eau à bord du petit bateau, emprunter le petit train qui traverse le parc, ou bien encore s'exercer sur le petit circuit de voiture pendant que les parents siroteront leurs rafraîchissement sur les chaises près de la buvette et que les plus grands auront envahi les pelouses pour profiter des grands espaces et s'adonner aux joies de la balle au pied. (p'tits cons!)

Le petit étang du parc est un véritable vivier à poissons qui frayent au milieu des canards, des cygnes et des poules d'eau. Et tant que ça baise dans l'eau les piafs ont à bouffer c'est dire si les uns guettent les autres!

Lifting

Fermé quelque peu après la tempête qui détruisit en 1999 quelques 700 arbres pour la plupart centenaires, le parc connaît actuellement une période de réaménagement en un parc "_à l'anglaise_" avec des espaces repensés pour les joggeurs, des massifs fleuris d'un nouveau style et des espaces de jeux sécurisés pour les enfants.

Les nouvelles allées dessinées et les massifs implantés permettent de découvrir les quelques 6 000 arbres et 8 000 arbustes plantés dans le respect des plans de plantation d'origine de Bühler, en changeant seulement les essences qui n'étaient pas adaptées. les fleurs ne sont pas en reste et d'ailleurs la surface mise en culture florifère a été simplement doublée ce qui représente quelques 32.000 plantes fleuries.

Le Parc bordelais est l'un des tous premiers sites pilotes de la ville en matière de préservation de l'environnement.

En effet il fait l'objet de 11 actions conjointement menées et que l'on peut retrouver expliquées sur des panneaux disséminés sur l'ensemble des parcours fleuris ou aménagés du parc.

Au programme sont définis l'aménagement d'un refuge pour animaux, une clôture provisoire autour d'un espace naturel en réhabilitation, la création d'une prairie de "Lagurus ovatus", différentes techniques de désherbage, le paillage des massifs d'arbustes, la tonte différenciée des pelouses et espaces mis en herbes, l'utilisation de plantes couvre-sol, ou la valorisation des feuilles mortes.(oui celles qu'on ramasse à la pelle!)

C'est peut-être cette douce alchimie qui fait de ce parc l'un des plus appréciés de la ville, que l'on soit amateur de calme, d'espace vert ou de parterres fleuris.

Si vous aimez faire des perles sur la rosée comme Félicie, ne manquez pas la visite à cet espace vert où luxe calme et volupté riment avec culotte de flanelle, cochon chinois et moules bites en faux skaï!

Chrispix, randonneur et promeneur solitaire.