Ans... voyages...

Quelques voyages... lointains ou plus intérieurs...

13 août 2007

Le pont Valentré

DSCN6734LE PONT DU DIABLE: du haut de  ces tours 700 ans vous contemplent!

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Construit au début du XIV siècle au cours des guerres franco-anglaises, le pont Valentré, par lequel on pénètre toujours dans la ville de Cahors mais uniquement à pied, constitue un exemple rare d’architecture militaire française de cette époque, et reste l'un des plus beaux ponts fortifiés du Moyen Âge encore visible. Vous n'aurez pas à le chercher longtemps tant il est vrai que ce véritable symbole de la ville dont il est aussi un des fleurons touristiques, est indiqué sur toutes les pancartes et les panneaux de signalisation. Au cas où vous vous perdriez, suivez donc le lit du fleuve, le pont normalement devrait se trouver dessus. Allez je suis pas chien je vous mets un petit plan comme ça vous aurez l'air moins perdu!

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Si la visite guidée vous tente vous pouvez toujours vous adresser à l'office de tourisme de la ville pour bénéficier de leurs services, si vous préférez vous la joeur "solo" pas de problème, l'accès au site est entièrement gratuit bien entendu.

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Son édification fut décidée par les Consuls de la ville en 1306, et des documents attestent que la première pierre fut posée le 17 juin 1308. C'est un pont résolument défensif quasi-parfait, si dissuasif que même les Anglais ne l’attaquèrent pas c'est dire! Il était destiné à défendre la ville des attaques venant du sud.


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De forme légèrement bombée en son centre, il mesure 138 mètres de longs , et présente six grandes arches ogivales gothiques de 16,50 m qui sont restées dans un état de conservation parfaite, , avec des avant-becs crénelés, surmontées de trois tours carrées à créneaux et des mâchicoulis dominant l'eau de 40 mètres.
Deux barbacanes protégeaient son accès, mais celle du coté de la ville a disparue.

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La construction devait entraîner la création d’un second axe commercial est-ouest, qui était jusqu’alors nord-sud. La ville subit ainsi une modification relativement importante et qui devait changer toute la cité. Une petite chapelle dédiée à la Vierge "veillait" autrefois sur la destinée du Pont mais on n'en garde aucune trace aujourd'hui
Il fut achevé en 1378.

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La légende du pont Valentré 

Les cadurciens qui connaissent la légende attachée à ce pont se plairont à vous en conter leur version.  Voici celle que j'ai appris à transmettre à mes amis de passage:

On raconte que la constuction qui s'éternisait depuis un demi siècle fit pactiser le maitre d'oeuvre avec le diable.

 

 


Satan s'engageait à faire accélérer la cadence des travaux en échange de l'âme de l'âme du commanditaire du pont une fois le dit pont terminé. Or donc, les
travaux se terminent et l'échéance arrivant à son terme. L'homme qui n'a guère envie finalement de livrer sa belle âme à Belzebuth, demande incidemment à ce dernier de lui quérir de l'eau pour ses ouvriers, dans un crible, à la fontaine des Chartreux toute proche...

 

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Comme il fallait s'y attendre, Satan ne put accéder à la demande, l'eau s'écoulant à chaque fois à travers les trous du crible avant qu'il ne puisse en faire la livraison! Et il perdit donc son pacte. Mais décidé à ne pas s'en laisser compter, il revient nuit après nuit, désceller la dernière pierre de la tour du milieu du pont, que les maçons remettent consciencieusement en place le lendemain!

 

En mémoire de cette légende, Paul Gout, architecte de la restauration du pont fera apposer en 1879 au sommet de la deuxième tour, dans la partie droite, une sculpture en pierre sur laquelle le petit démon semble accroché.

Voilà, en espérant que la visite vous a plu, n'oubliez pas le guide! Il serait quasiment "impensable" de passer un jour par Cahors sans vous arrêter admirer ce Pont Valentré, célèbre dans le Monde entier. Je vous laisse sur cette pensée et sur ce lien qui vous montrera le pont dans tous ces états, vieux qu'il est du haut de ses 700 ans, il fallait bien qu'on lui rendit hommage...

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16 juillet 2007

Venezia...

En attendant le temps où j'aurai le temps... quelques photos pour patienter. Celui là a une belle tête de vainqueur...

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Le Ksar d'Aït Benhaddou

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Aït Ben Haddou ou le sablier du temps.

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La plus belle route du Maroc
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Depuis Telouet où je vous ai laissés la dernière fois, plusieurs solutions s'offrent à vous pour rejoindre Aït Benhaddou. Soit vous avez le temps et un véhicule adapté et vous empruntez la piste de 35 km qui s'étend au-delà de Telouet (comptez bien 4 heures de route et une piste par endroit défoncée… et évitez de partir trop tard pour ne pas avoir à effectuer une partie de la route la nuit.. !) soit vous choisissez le mode de déplacement le plus rapide (encore que…) en suivant l'asphalte qui mène de Marrakech à Ouarzazate (nationale 9) et qui après le village d'Amerzgame, sur la gauche, vous mène directement à l'un des Ksour les mieux préservés de tout le Sud marocain.

Vous seriez impardonnables de ne pas faire cette visite là…elle vous laissera des images incroyables dans la tête et des souvenirs à foison.

Je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit, mais la route entre Marrakech et Ouarzazate passe pour être une des plus belles routes du Maroc, et elle est certainement de toute façon, la plus belle route de montagne du pays qui soit.
Au détour d'un virage, à hauteur de l'oued Mellah, le spectacle est étonnant ! Rivé à une sorte de butte, un bel assemblage de tours crénelées se détache sur l'horizon. Les tours de la kasbah d'Aït Benhaddou se réfléchissent dans l'oued.

Après avoir laissé votre véhiculedans le village neuf, c'est par une sorte de porte basse, sur la droite du village, que vous entrerez dans le royaume de ce Ksar merveilleux. Ici les éléments du conte d'Emile et Inuit (le célèbre !) sont assemblés pour que l'on puisse se souvenir de cette fortification de terre et de roseau comme d'un lieu magique et chargé d'histoire.


Un village nomade.
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De nos jours Aït Benhaddou est UN village et PLUSIEURS à la fois. En réalité l'implantation du village a connu successivement trois emplacements.

Au départ il y eut les simples maisons réalisées en pisé, édifiées à même la colline, autour de l'agadir (le grenier-forteresse), et cernées d'une muraille de clôture. Elles garantissaient autrefois la sécurité de la population et des biens contre les pillards venus de la plaine. Il faut rappeler que cette vallée de l'oued Mellah était naguère fréquemment empruntée par les caravanes des marchands et celles-ci excitaient bien des cupidités...

Puis à la fin du 19ème siècle, alors que la situation sécuritaire s'améliore, les occupants du village bâtissent des maisons en-deça de l'enceinte protectrice, sur la face la moins escarpée de l'éminence (pas grise mais rocheuse !). C'est le plein essor des kasbahs ; dans lesquelles la sécurité individuelle prend le pas sur le bien être collectif. Derrière les kasbahs, tandis que les vieilles maisons tombent en désuétude et subissent les outrages du temps, des demeures plus simples s'érigent.

Et pour finir, depuis une quarantaine d'années environ, les habitants du village ont retraversé l'oued en sens inverse, ont quitté la Kasbah (un peu désertée du coup) pour édifier de nouveaux groupes de maisons sur la rive droite de l'oued. C'est d'ailleurs par la « ville nouvelle » que l'on parvient au site. Il n'est guère besoin de perdre du temps dans les ruelles qui séparent les nouvelles constructions, la beauté du lieu est ailleurs… suivez-moi !

  Tu es poussière… et tu retourneras en poussière !!!
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Une fois la porte du nouveau village franchie vous aurez une vue saisissante sur l'extérieur du ksar d'Aït Benhaddou! Pour y parvenir, il faut emprunter un petit sentier qui descend jusqu'à l'oued.
Tandis que les mômes du coin tenteront de vous aider à traverser l'oued en marchant sur les cailloux ordonnés dans son lit vous aurez peut-être l'occasion d'apercevoir quelques femmes, aux tenues bigarrées, laver leur linge dans la rivière…

Et si vous vous sentez l'âme d'un Lawrence d'Arabie (une partie du film et d'autres y ont été tournés jadis… j'y reviendrai),vous pourrez louer les services d'un chameau dont vous aurez soin de marchander le prix sous peine d'arnaque manifeste ou en cas de crue de l'oued, monter à dos de mulet pour rester les pieds au sec.

Afin de visiter dans les meilleures conditions ce bijou architectural, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1987, il faut aller se perdre dans les méandres des petites ruelles et des chemins escarpés. La majeure partie des maisons est désormais abandonnée.

Ainsi donc, irréparablement contraintes à retourner à la poussière à cause des intempéries qu'elles subissent, les maisons s'affaissent, s'écroulent et s'amenuisent. Seules quelques familles (une dizaine mais un programme, semble-t-il, prévoit d'en « réimplanter » d'autres) vivent encore dans ces demeures de pisé antiques.

  Une Cinecitta (bis) du Sud marocain… ?
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Outre son classement au patrimoine de l'Unesco, Aït Benhaddou doit probablement une partie de sa renommée mondiale au 7ème art. La mémoire du réalisateur David Lean flotte pour longtemps au-dessus du site et les vieux murs de pisé se souviennent toujours du tournage de "Lawrence d'Arabie".

Quelques habitants se souviennent peut-être encore du bruit des 20.000 figurants chevauchant leurs dromadaires... ou certains autres revivent aussi les scènes les plus mémorables de "Sodome et Gomorrhe".

Plus récemment, il y a plus de 20 ans quand même, en 1984, c'est Michael Douglas qui était venu chercher son diamant perdu (« Les Diamants du Nil »).
Pour les besoins du film une immense porte avait été construite, et Douglas devait y passer dessous aux commandes d'un avion. Réalisée une première fois un peu « juste », la construction s'effondra comme un fétu de paille au premier passage… il fallut la reconstruire ! Mais peu importe… ce travail réalisé par les artisans locaux, ramène aux habitants du village notoriété et monnaie sonnante et trébuchante… En jouant comme figurants dans les productions, en louant leur terre ou en travaillant à la construction des décors, les habitants du coin sont ainsi parmi les plus riches de la région !

La liste des films tournés en totalité ou en partie dans les studios du Sud marocain et dans la région est encore longue : « Harem » (Arthur Joffe, 1985) « Edith et Marcel » (Claude Lelouch, 1983), " »Roll Over » (A. Pakula, 1981), « Liberté, Egalité, Choucroute » (Jean Yanne, 1984), « Des Mots pour le dire » (Vera Belmont, 1983), « Jesus de Nazareth », « La dernière tentation du Christ », « Kundun », « La momie »« Cléopâtre »,« Gladiator », ou encore « Alexandre »..et j'en passe !


La cité du pisé et la kasbah.
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Jaillissant de ce sol ocre et rosé dont il a puisé les matériaux même qui le composent, Aït Benhaddou parait sortir d'un songe issu des temps immémoriaux. Accoté au pied de la colline à laquelle il s'appuie, l'étendue verdoyante de l'oasis, aux alentours, des collines dépouillées, et dans le lointain, entourant âprement l'horizon, l'étonnant désordre des sommets du Haut-Atlas donnent à l'ensemble un côté sauvage délicatement apprivoisé.

C'est sur des fondations de pierre, comme la plupart des kasbahs, que repose celle-ci. Elle est flanquée d'une tour à chaque angle. On pénètre dans la kasbah par une lourde porte en bois ouvragé et on accède ainsi au rez-de-chaussée dans lequel on découvre une reconstitution fidèle d'un intérieur de l'époque : sont visibles successivement un four en terre, une sorte de fourneau pour cuisiner, une meule à grain, quelques vieilles théières en poteries et métal et un peu plus loin, les outils nécessaires au travail de la laine qui servait à la confection des tapis. On dirait en passant dans ces pièces où la pénombre règne, que la vie est suspendue, à un fil, le fil du temps qui passe et que chacun tire, à son tour, pour dérouler l'histoire de ce vieux ksar en perdition.

Par un escalier un peu raide, on accède au toit, d'où la vue sur les alentours et sur le reste du ksar est imprenable. En se retournant on embrasse tout le panorama de la vallée et l'oasis en son sein, et de l'autre côté, c'est la couleur ocre de la terre et du pisé des maisons voisines jusqu'en haut de la colline qui domine. Ça et là, quelques tâches de couleurs émanant de tapis que l'on a mis à sécher, attestent qu'il y a encore quelques familles qui vivent ici…

La toiture-terrasse est établie sur des poutres faites de palmier (pas les gâteaux suivez ! Sinon ça ne tiendrait pas) ! Le plancher, quant à lui est recouvert de branchages, et enfin de terre bien tassée. La sensation, quant on marche est assez étrange je dois dire, et je me suis demandé à plusieurs reprises si nous n'allions pas tout simplement passer à travers le toit… c'est à la fois souple et mou mais paraît solide…
En fait le toit est en légère pente, pour l'écoulement des eaux de pluie vers les gargouilles. Les parties supérieures de la kasbah sont décorées de motifs géométriques d'inspiration berbère (que l'on retrouve sur les bijoux et les tapis : croix du sud, chemin nomade, œil, etc).


Le reste du ksar.
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Outre la kasbah, qui mérite déjà la visite à coup sûr, il faut ensuite déambuler dans les rues du village, tout en escalier, en pente et en terrasses où l'on peut trouver au détour d'une rue, une cigogne venue reposer ses ailes, une vieille femme en train de filer de la laine (plus là pour le folklore ou les quelques dirhams qu'elle pourrait glaner en tendant la main à votre passage car la pelote n'était guère conséquente quand nous sommes passés puis repassés…), un homme en train d'égorger une chèvre dans la rue (c'était la veille de l'Aïd, donc compréhensible), quelques touristes mais peu finalement à cette époque-ci de l'année, quelques boutiques de souvenirs et d'artisanat local aussi et des murs, des remparts, des murailles, des pierres, des maisons qui s'écroulent et des restes d'anciennes demeures tombées dans l'oubli…

Prenez le temps de grimper jusqu'en haut, tout en haut du village à l'endroit des premières maisons à présent en ruines, et ouvrez les yeux sur le panorama qui vous entoure : la chaîne de l'Atlas, immense, majestueuse, plus prêt de vous l'oasis, et cette espèce de plateau rocheux qui en fixe les limites sur ses flancs, étonnante curiosité géologique qui émerge au milieu de la plaine…

La sauvegarde.
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Le vieux Ksar d'Aït Benhaddou a été inscrit sur la Liste du Patrimoine mondial de L'UNESCO en 1987, à un moment où il ne restait plus dans l'ancien village que quelques familles, la quasi-totalité des habitants étant partis s'établir sur l'autre rive de l'oued. Or l'architecture de terre, le pisé et l'adobe, est d'une fragilité extrême, et une demeure inoccupée se délabre inéluctablement. A chaque pluie un peu forte, à chaque orage lessivant, c'est un peu plus encore de ce jalon du passé de la vallée qui s'amenuise et qui s'efface.

L'Unesco retient 2 critères pour classer ce site sur la liste du patrimoine mondial :

« offrir un exemple éminent d'un type de construction ou d'ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significative(s) de l'histoire humaine ; » ;
« être un exemple éminent d'établissement humain traditionnel, de l'utilisation traditionnelle du territoire ou de la mer, qui soit représentatif d'une culture (ou de cultures), ou de l'interaction humaine avec l'environnement, spécialement quand celui-ci est devenu vulnérable sous l'impact d'une mutation irréversible ; » (source http://whc.unesco.org/fr/criteres/).

On comprend donc pourquoi et comment ce lieu chargé d'histoire, de tradition et au patrimoine architectural si précieux se doit d'être conservé et de demeurer encore longtemps, le témoin vivant de cette superbe région et de ses habitants attachés à leur culture et à leurs racines. Mais il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine…et les effets secondaires d'un tourisme parfois mal développé sont parfois aussi pernicieux que l'usure du temps.

C'est les yeux pleins d'images, la tête pleine de souvenir, et le cœur plein de chaleur humaine que nous avons quitté le vieux Ksar, retraversé l'oued, poursuivis par les enfants, sous le regard des dromadaires indolents.

Nous sommes remontés dans notre minibus, et loin de l'agitation somnolente du village neuf, nous avons continué la piste jusqu'à l'auberge située en plein étendue quasi désertique sur la piste qui conduit à Telouet.

Tout en dégustant le repas qui avait été préparé pour nous, nous nous interrogions sur le devenir de cette région et de ses habitants. Notre guide Mohamed et notre ami Abdil nous ont confié qu'eux aussi étaient un peu inquiets, un plan spécifique prévoit de goudronner la piste que nous avons empruntée jusqu'à Telouet, créant l'ambivalence du progrès et de la destruction du milieu.

Gageons que les habitants de la région sauront toujours maintenir l'équilibre entre ce qui les fait vivre et ce qui leur permet de vivre mieux… « Inch Allah » !

Chrispix

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06 mai 2007

TELOUET

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C'est l'âme pressée par le désir de la découverte et l'envie de rencontrer nos hôtes que nous sommes arrivés à Telouet après avoir franchi le plus haut col routier du Maroc culminant à 2260 mètres , le col du tizi 'N tichka qui marque la frontière entre les provinces de Marrakech et de Ouarzazate.

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Arriver à Telouet.
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Sur la route en venant de Marrakech, après avoir bravé les vendeurs de géodes et autres minéraux, où le pire (moulages de polyester ou de résines figurant des ammonites et de magnifiques reconstitutions géologiques assaisonnées de mercurochrome ou de vert fluo) côtoie le meilleur (véritables cristaux de roches et fossiles de fort belles formes et variétés) on emprunte une petite route située sur la gauche, 6 km environ après le passage du col susnommé.

La route, qui n'est accessible qu'après un quasi-demi-tour sur route, s'apparente tout d'abord à un petit chemin de campagne assez étroit mais néanmoins asphalté… enfin au début ! Par la suite cette petite route sinueuse et pittoresque, égayée de superbes couleurs de terres et de végétations entre rouges, ocres et verts gris étonnants se meut en piste défoncée par les intempéries jusqu'au passage d'un petit gué rendu obligatoire par la chute inopinée du petit pont jouxtant le passage présentement offert aux roues de notre camion lors d'un orage un peu violent le mois dernier.

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Globalement la route est en assez mauvais état (si l'on prend pour référence nos acquis d'occidentaux repus de goudron lisse et rectiligne) et s'effondre même par endroit (de petits cairns sur le bord de la route signalent d'ailleurs les passages les plus délicats) et il convient d'être prudent lorsque l'on croise un autre véhicule, que ce soit un autochtone au volant de sa voiture surchargée, aux 5 tours de compteur, qui n'a cure de quelques frottements ou nids de poules, ou le 4X4 rutilant et fier du guide au service des gentils touristes des clubs Marmara et autres qui viennent contribuer à la défonce de ce paisible chemin de montagne, cachés derrière leurs vitres teintées et les yeux rivés sur les bas côtés, le cœur au bord des lèvres et la satisfaction d'avoir cru voir de l'authentique en restant cutés sur leurs moelleux sièges de moleskine…

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Au bout d'une vingtaine de kilomètres, parcourus à allure modeste, autant pour profiter du paysage enchanteur, que pour éviter les multiples marcheurs et conducteurs d'ânes batés circulant sur les bas côtés, on parvient en vue du village de Telouet, qui se dresse fièrement sur un plateau de terre ocrée et rouge.
Le village ne semble pas très étendu à première vue, mais la commune de Telouet abrite plusieurs dizaines de milliers d'âmes.


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Situé au cœur du pays Glaoua, dans cette haute vallée où coule l'oued Imarene, le village est dominé par l'impressionnante Kasbah du Glaoui de Télouet, dont j'aurai l'occasion de vous reparler.

Un peu d'histoire.
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Dep uis toujours ou presque, cette région du haut atlas est habitée par des berbères apparentés à la grande famille des Masmouda. Le col de Télouet, à 2460m d'altitude, à la croisée des échanges culturels et économiques, était connu naguère sous le nom de Porte de Deren.
Il servait également de communication entre deux grandes origines de peuplement et d'activités économiques, la région du Sous et le Haouz.

Autrefois, Télouet était le lieu de passage obligé des caravanes allant de Marrakech à Ouarzazate avant la mise en construction de la route qui passe par le col du Tizi n-Tichka. C'est grâce à cette position stratégique qu'elle demeura pendant une centaine d'années, l'un des fiefs des seigneurs glaoua. Au milieu du XIX ème siècle, le col de Télouet concourut à la puissance des Glaoua développée, à partir de 1858 environ, par Mohamed Amezwar et par Si Madani, fils et petit-fils d'un Cheikh de Télouet, marabout exploitant une mine de sel, (toujours en activité et que nous avons visité d'ailleurs).

En 1893, le Sultan Moulay el Hassan revenait d'une campagne au Tafilalet. Contraint de demeurer à Telouet à cause d'une tempête neige, il reçut un accueil des plus chaleureux, (on sait donc d'où nos hôtes tirent leurs habitudes…) et Si Madani, lui fit acte de fidélité.

Avant de partir, le roi, lui laissa en guise de gratifications, des fusils modernes, un canon Krupp et quelques obus que Si Madani utilisa ensuite pour asseoir son autorité et l'accroître géographiquement.

Plus tard, à partir de 1912, avec son frère Thami, ils eurent assez de jugement pour se rallier au Protectorat sous lequel ils développèrent considérablement leur domaine… A la mort de Madani (de chagrin paraît-il, après le décès de son fils au combat) c'est Thami qui prit la relève en 1919.

Parmi ces seigneurs, c'est donc l'influent Al Hadj Thami al Glawi (1875-1956), pacha de Marrakech, dit « le Glaoui », qui naquit et finit ses jours dans son Palais à Télouet, qui marquera le plus son temps.

Le village.
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De part sa situation géographique et stratégique, Telouet a toujours joué un rôle prépondérant dans cette vallée. Pour autant, outre la situation de la kasbah sur les hauteurs, le village est tout ce qu'il y a de plus rural et traditionnel et donc par-là même, pour les touristes que nous fûmes (c'est du belge !), un vrai gage d'authenticité…

La partie haute du village est constituée de maisons plus modernes, aux toits en terrasses mais c'est dans la partie basse du village et sous la kasbah que l'on trouve la majeure partie des maisons réalisées en pisé. C'est ce mélange de terre et de paille, qui, constitué selon d'ancestraux procédés isole à la fois de la chaleur et du froid.

C'est aussi cette couleur de la terre d'origine, qui, en passant de l'ocre au rouge en fonction de l'éclairage du soleil confère au lieu entier une unité harmonieuse malgré les différences de formes des maisons.

L'une des plus belles et grandes maisons du village est celle du caïd. Elle est située dans la partie du village la plus moderne.
Mais c'est en se perdant dans les ruelles, en contrebas, que l'on peut admirer ce savoir-faire séculaire et la variété des maisons traditionnelles.

Notre guide ce jour là, qui n'est autre que le voisin de notre maison, nous mène dans son village et nous fait découvrir, fièrement, les richesses de son patrimoine : d'abord le souk et ses multiples boutiques (il se tient le jeudi), puis, la place du village, traversée par l'unique route qui se poursuit au-delà de Telouet vers la mine de sel et la ville d'Aït Benhaddou et entourée des quelques magasins où il est possible de se ravitailler en victuailles et objets de première nécessité, ensuite, la partie plus moderne, composée de la poste, de l'école, de la maison de la commune, et au-delà en descendant vers le bas du village, et en laissant la kasbah sur votre gauche, l'ancien quartier juif avec ses vieilles maisons et ses petites rues sinueuses aux porches couverts.

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A cette époque encore et malgré la température parfois hivernale, les enfants sont dehors, à jouer sur les terres-pleins devant les habitations. Les hommes sont peu visibles, occupés à la mosquée, et les femmes s'occupent du linge qu'elles mettent à sécher le plus souvent, à même les buissons. Ce sont ces scènes là, venues d'un autre âge, pour nous étrangères et sans égales, qui ramènent l'esprit des pauvres touristes que nous sommes à la dure réalité de cette région : dénuement absolu pour certains, mais ce sourire, toujours vissé au coin du visage et ce regard chaleureux qui vous enveloppe de bienveillance.


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Partout nous avons été accueillis avec gentillesse et simplicité. On nous a convié à visiter les maisons, à nous asseoir dans ces salons marocains si hospitaliers et à boire l'éternel thé à la menthe ou à l'absinthe, véritable symbole de l'hospitalité berbère…

Pour quoi venir à Telouet ?
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Chacun trouvera en venant au Maroc une raison d'y séjourner selon ses goûts. Il n'était pas dans nos projets d'aller passer 10 jours sur une chaise longue au club Marmara de Marrakech ou de nous faire secouer la couenne dans des 4X4 tape-culs sur la route des Ksour et des kasbahs du haut Atlas.

On peut venir à Telouet pour simplement goûter aux plaisirs de la marche ; des excursions sont organisées dans les montagnes aux alentours et vous pourrez demander aux guides disponibles de vous y conduire. Ils se feront une joie de vous faire découvrir la campagne environnante et les possibilités de bivouac en altitude.

Si vous avez le pied moins montagnard, vous pourrez quand même suivre les sentiers muletiers et laisser errer votre regard sur la beauté fascinante des paysages. Le contraste entre les couleurs chaudes des terres et des habitations et celles, plus froides des rares îlots de végétation et des cimes enneigées est un spectacle que vous n'êtes pas prêts d'oublier….

De Telouet, vous pourrez aussi partir pendant 2 ou 3 jours, à la découverte du désert du sud marocain, finalement pas si loin…
Si vous êtes équipés d'un véhicule suffisamment aguerri, voire un tout terrain, vous pourrez vous risquer sur la route qui va vers Aït Benhaddou et trouverez alors d'autres villages sensiblement identiques à celui-là, voire plus beau encore, comme ceux Anemiter ou de Tighza.

Il faut compter 4h pour parcourir les 35 kilomètres de piste en 4X4. Mais la ballade vaut le coup. Tout le parcours est à l'écart des circuits traditionnels et la végétation et les paysages y sont magnifiques.

A 8 km au delà de Telouet, toujours sur la piste carrossable qui va vers Ouarzazate, se trouve la mine de sel. La piste qui y mène part en épingle, sur votre gauche. Vous ne pouvez guère vous tromper : il suffit de suivre les traces de sel au sol !

Un gardien vous fera visiter (rapidement mais entrer vaut le coup d'œil) moyennant quelques dirhams. Il est un peu susceptible de la photo… et réclame aussi une obole pour le tirage de portrait ! Mais une photo ne se paye pas, nous avons donné pour la visite, pas pour la photo, ne lui en déplaise.

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La visite est étonnante si vous ne connaissez rien à l'extraction du sel de cette manière. Les installations sont sommaires mais le lieu vaut quand même le détour, et les paysages, que l'on croirait tout droits sortis d'un roman de Jules Verne ou de Ray Bradbury sont d'une beauté peu commune. Je n'ai jamais vu autant de nuances de rouges dans un seul paysage, c'est tout simplement fabuleux. On croit vivre entre chimère et réalité….

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L'avis d'un berbère d'occasion.
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Oui l'endroit est tout simplement beau et vrai.
Non, vous ne verrez pas de chameau ici. 
Vous n'y verrez que des ânes, des moutons et quelques vaches. Mais vous y trouverez le bonheur simple du contact avec les berbères qui vous accueilleront à bras ouverts, parfois avec un peu trop d'empressement, si vous ne savez pas déjouer les pièges tendus par « les faux touaregs » à l'entrée du village…

Mais si vous prenez la peine et le temps de vous asseoir autour d'un thé, vous découvrirez alors ce que la vie dans le haut atlas Marocain peut avoir de fantastique, dénuée de toute forme d'artifice et de complications…

Là-bas, nous avons trouvé l'évasion, le dépaysement et la paix que nous cherchions. Nous avons partagé la vie de cette civilisation, proche mais finalement mal connue, de cette ethnie d'anciens nomades sédentarisés. Nous avons assisté aux fêtes de l'Aïd, avons pris nos repas avec ceux qui sont devenus, au fil des jours, nos amis.

Ce sont ces plaisirs simples et authentiques, loin de l'agitation des villes et plus proche de la nature que nous avons égrenés pendant notre séjour à Telouet.

Et c'est le cœur serré et l'émotion palpable que nous avons quitté le village de Telouet, laissant nos hôtes à leurs vies paisibles et retournant à nos existences trépidantes de gens pressés avec une seule idée en tête : trouver rapidement l'occasion d'y revenir ! A vous, Abdil, Mohamed, Aziz, Ali, Ahmed, Radia et les autres… nous disons juste merci de nous avoir accueillis parmi vous.


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« Les hommes pressés sont déjà morts… »

Chrispix.      

Posté par chrispix33 à 21:41 - En balade, ici, ailleurs, loin - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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