Ans... voyages...

Quelques voyages... lointains ou plus intérieurs...

06 décembre 2007

Quelques bouilles du petit Noah.

Pour ceux qui sont loin mais qui veulent savoir à quoi ressemble le petit buddha...

Je m'appelle donc Noah, je suis arrivé le 05 décembre 2007 après 35 semaines passées au chaud et je pesais 3kg180 très exactement... pour la taille... on va attendre que je me déplie pour savoir mais la bonne longueur c'est quand les pieds touchent parterre il parait... En attendant de vous (re)voir, rencontrer ou que vous me fassiez des bises en direct... voici quelques photos prises par papa reporter!


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Premier tête à tête avec maman...

La lumière bleutée de la photo-thérapie...pour lui donner un avant goût de sa chambre... bleu Marrakech!

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Et sa soeur au même âge... y a un pt'it quelque chose on dirait... non?

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Papa  ravi, bébé desespéré! déjà...

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Jade prenait hier déjà son rôle de grande soeur très au sérieux...

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Très prévenante... il aura toujours un doudou à portée de main...

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A l'arrivée du père tranquille.... hier 12h12.

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Avec un bonnet de troll, plus fun.

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Repas à la cantine.

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Avec ma soeur, qui se recoiffe... ahhhhhhhhh les femmes!

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Et il faut aussi faire trempette tous les jours!

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Bon j'ai pas l'air comme ça... mais je crois que c'est le bonheur...


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A l'occasion je squatte les bras de la frangine pour casser la dalle! c'est cool!

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On a tiré les rois... enfin les grands, moi j'ai bu ma flasque..; comme d'hab! Vivement qu'on y mette du solide...


Il est temps de mettre tout ça un peu à jour quand même...

Voilà 5 mois et des brouettes que je suis arrivé ici... et il s'en est passé ! Je vous la fais courte sur mes ennuis de santé... maintenant que tout est rentré dans l'ordre et que je me baffre normalement plus la peine de s'étaler... une chose est sûre pourtant mieux vaut faire gaffe aux médecins que vous fréquentez et s'assurer de leur compétence en matière pédiatrique... moi j'vous le dis!

Ci-dessous... ma frangine... une des premières fois où elle m'a filé à pitocher... comme je viens de lui péter joyeusement dessus... elle est hilare. Comprends pas... pourtant c'est de famille elle devrait être habituée!

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27 décembre: Là c'est du sérieux... elle est concentrée hein?

On a une jolie vue de mon pieux non? C'est une amie de mon darron et de ma mère qui me l'a fait... sympa non?


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Bon en janvier... je vous en parle même pas...mais les photos c'était pas de l'art pictural... faut dire que la période ne s'y prêtait guère. Je suis retourné à l'hosto et là ben  on  n'a pas eu envie trop de faire les marioles derrière un objectif, on a remis ça quand tout allait  mieux... en février. Celle là date du 27, au moins là, on voit que j'ai les mirettes couleur papa!


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5 mars... à l'époque je commençais à esquisser mes premiers sourires. Là j'étais parti voir des poiscailles avec ma frangine et mes vieux à l'Aquarium de La Rochelle... Sympa... j'ai bien roupillé pendant qu'ils se baladaient! Enfin j'ai quand même vu des gros machins à nageoires au dessus de ma tête quand on passait dans les tunnels!!! rigolo!! Oui je sais j'ai un bonnet ridicule... c'était celui de ma sœur, les parents avaient oublié le mien et comme il y avait un vent à décorner les cocus... ils voulaient pas que je m'enrhume des portugaises..; du coup j'ai mis ce truc genre tarte de chasseur alpin... et c'était marrant finalement!


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là... 7 mars... je viens de découvrir que j'ai des pognes! c'est énorme! on peut chopper le pouce et se le mettre au fond du gosier... se bouffer les doigts pour s'occuper... un vrai plaisir! Pis... il parait qu'on peut s'en servir pour se curer le pif et manger avec des trucs en ferraille au lieu de boire au biberon... là j'sais pas... ça a l'air un poil compliqué de faire des trucs avec les deux mains en même temps...

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Juste après le bain quotidien avec mon vieux qui s'occupe de me frictionner les miches tous les soirs... Mon Dieu donnez chaque jour notre bain quotidien...


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Suis pas beau avec mes couches? Faudrait que je dise ça à mon vieux... mais pour l'instant on se comprend pas des masses, faut dire que la seule chose que je suis capable de lâcher..; c'est du gaz! Pour la communication y a  mieux!

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18 mars: Dans mon pieu  avec les jouets je me marre comme un branque!! ça fait du bien de faire un poil de sport! Faut dire que à pioncer toute la sainte journée on finit par faire du gras!

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Alors ? J'ai pas une tête de killer des bacs à sable avec mon beau gilet et mes yeux assortis?


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19 mars: C'est y pas mooooognon ça? hein? Elle va vite déchanter quand je viendrai dans sa chambre pour y piquer des trucs ou lui ruiner ses poupées... m'enfin pour l'instant je crois qu'elle me kiffe... grave!

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26 mars: Ouais je sais... j'ai pris des joues... et du cuisseau aussi d'ailleurs! ça prouve que la cantine est plutôt bonne! Le gris souris ça me va pas mal au teint aussi hein? un rien me sied moi c'est comme ça!

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26 avril: Voilà les beaux jours qui arrivent... du coup on part des fois se balader au soleil et on m'affuble de divers couvre-chefs... que tout le monde trouve très amusant... vous verrez quand je serai plus grand!!! 



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30 avril: Le jour où j'ai décroché la timbale... mon arrière grand-mère (95 printemps quand même!) m'a offert une timbale en argent pour fêter mon arrivée... tradition qui perdure avec tous ses arrière-petits enfants!!


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20 juin: il fait beau ... enfin! j'en profite pour sortir Sophie, la copine que m'a offert miminette... la dame de Haute Savoie! C'est aussi la première fois que je m'assoie à table dans la chaise haute! c'est sympa aussi de voir tout en face et plus par en-dessous!

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Sympa ces rayures non?

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Ma soeurette est toujours aussi sympa avec moi... c'est l'amouuuuuuuuurrrrrrrrr!

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07 septembre 2007

Amour à mer....

.*´¨ )
¸.•´¸.•´¨) ¸.•*¨)
(¸.•´ (¸.•´ .•´ : (´¸.•*´¯`*•-->  L'âme de fond.<-- •*´¯`*•.¸´):´•.´.¸)´•.´.¸)
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Quand l'ombre des peaux fait promesse de croisière,
Sur les fleuves alanguis des sucs des corps tendus,
Que l'on serre  contre soi, toujours, à cœur perdu,
Ce désir incessant de nager en arrière

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J'ai vécu l'avenir sur tes lèvres salées,
Tandis que l'Océan, sur nos corps, déchaînait
Son ivresse iodée sur des  vagues de pierre,
Effleurant sur ton cœur cette étrange lumière

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Aimer  c'est naviguer sur des mers inconnues,
Discerner dans les yeux des reflets colorés,
Qui ouvrent les sillons encore inexplorés,
Pour trouver les ondes d'un plaisir contenu

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Suivre encore le courant jusqu'au bout de la plage,
Partager nos passions le temps d'une autre escale,
Affronter la colère du temps qui fait rage,
Conjuguer  nos raisons vers un même idéal

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Etouffer en silence ce goût d'amertume,
Recueillir un frisson, en faire une caresse,
Pour sauver un amour qui navigue en détresse,
Et transformer en or cette crête d'écume

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Ouvrir son horizon à un autre que soi,
Survivre à cette alcôve et me noyer en toi,
Oublier la douleur de nos chagrins d'antan,
Et ne garder que l'ivresse de cet instant

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Peu importe le temps qui s'enfuit vers le large,
A côté du bonheur qu'est le mien au matin,
De voir le jour se lever sur ta peau satin,
En endurer les affres est une mince charge

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Je veux vivre au présent le regard au lointain,
Confondre nos prunelles, rêver main dans la main,
T'offrir des hirondelles pour des larmes d'amour,
Et rêver contre toi comme au tout premier jour

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Que m'emporte le ciel si je dois t'oublier,
Le vague à l'âme déchirerait ma passion,
Telle une frêle et singulière embarcation,
J'ai tant besoin de toi, tu es mon bouclier

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Ne pas perdre la mer, ne pas gagner l'amer,
Nous laisser emporter sous le vent qui gémit,
Arrimer nos pagaies vers de nouvelles terres,
Et voguer avec toi, l'étoile de mes nuits

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Survivre à l'oraison du chant des naufragés
Cingler vers ta lumière toute voile dehors
Et venir échouer pour toujours à bon port
En suivant les signaux d'un brillant messager

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Eviter les eaux troubles où la destinée sombre
S'harangue impitoyable au coeur de nos pénombres,
Briser le mât des flots sous l'étreinte abyssale
D'un navire survivant à ses flammes d'opale

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Respirer librement sur une même berge
Profiter nonchalants, de la douceur qui tombe
S'endormir à jamais face au temps qui succombe
Ayant pour seul témoin, la flamme bleue d'un cierge.

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Sur cette mer azur, nos amours vagabondes
Ont côtoyé l'écho de nos âmes profondes.
Tels les navires à mer soufflés des vagues à lame
Elles ont bravé le temps, les ondes et les larmes,

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Pour finir par échouer dans un havre tranquille
Où l'existence à deux se bâtit en presqu'île
Le regard vers le large, tendu vers l'absolu
Et le cap au bonheur pour toujours maintenu.

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Ce poème a été composé à quatre mains avec mon amie Sandra.

Chrispix 

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13 août 2007

Le pont Valentré

DSCN6734LE PONT DU DIABLE: du haut de  ces tours 700 ans vous contemplent!

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Construit au début du XIV siècle au cours des guerres franco-anglaises, le pont Valentré, par lequel on pénètre toujours dans la ville de Cahors mais uniquement à pied, constitue un exemple rare d’architecture militaire française de cette époque, et reste l'un des plus beaux ponts fortifiés du Moyen Âge encore visible. Vous n'aurez pas à le chercher longtemps tant il est vrai que ce véritable symbole de la ville dont il est aussi un des fleurons touristiques, est indiqué sur toutes les pancartes et les panneaux de signalisation. Au cas où vous vous perdriez, suivez donc le lit du fleuve, le pont normalement devrait se trouver dessus. Allez je suis pas chien je vous mets un petit plan comme ça vous aurez l'air moins perdu!

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Si la visite guidée vous tente vous pouvez toujours vous adresser à l'office de tourisme de la ville pour bénéficier de leurs services, si vous préférez vous la joeur "solo" pas de problème, l'accès au site est entièrement gratuit bien entendu.

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Son édification fut décidée par les Consuls de la ville en 1306, et des documents attestent que la première pierre fut posée le 17 juin 1308. C'est un pont résolument défensif quasi-parfait, si dissuasif que même les Anglais ne l’attaquèrent pas c'est dire! Il était destiné à défendre la ville des attaques venant du sud.


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De forme légèrement bombée en son centre, il mesure 138 mètres de longs , et présente six grandes arches ogivales gothiques de 16,50 m qui sont restées dans un état de conservation parfaite, , avec des avant-becs crénelés, surmontées de trois tours carrées à créneaux et des mâchicoulis dominant l'eau de 40 mètres.
Deux barbacanes protégeaient son accès, mais celle du coté de la ville a disparue.

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La construction devait entraîner la création d’un second axe commercial est-ouest, qui était jusqu’alors nord-sud. La ville subit ainsi une modification relativement importante et qui devait changer toute la cité. Une petite chapelle dédiée à la Vierge "veillait" autrefois sur la destinée du Pont mais on n'en garde aucune trace aujourd'hui
Il fut achevé en 1378.

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La légende du pont Valentré 

Les cadurciens qui connaissent la légende attachée à ce pont se plairont à vous en conter leur version.  Voici celle que j'ai appris à transmettre à mes amis de passage:

On raconte que la constuction qui s'éternisait depuis un demi siècle fit pactiser le maitre d'oeuvre avec le diable.

 

 


Satan s'engageait à faire accélérer la cadence des travaux en échange de l'âme de l'âme du commanditaire du pont une fois le dit pont terminé. Or donc, les
travaux se terminent et l'échéance arrivant à son terme. L'homme qui n'a guère envie finalement de livrer sa belle âme à Belzebuth, demande incidemment à ce dernier de lui quérir de l'eau pour ses ouvriers, dans un crible, à la fontaine des Chartreux toute proche...

 

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Comme il fallait s'y attendre, Satan ne put accéder à la demande, l'eau s'écoulant à chaque fois à travers les trous du crible avant qu'il ne puisse en faire la livraison! Et il perdit donc son pacte. Mais décidé à ne pas s'en laisser compter, il revient nuit après nuit, désceller la dernière pierre de la tour du milieu du pont, que les maçons remettent consciencieusement en place le lendemain!

 

En mémoire de cette légende, Paul Gout, architecte de la restauration du pont fera apposer en 1879 au sommet de la deuxième tour, dans la partie droite, une sculpture en pierre sur laquelle le petit démon semble accroché.

Voilà, en espérant que la visite vous a plu, n'oubliez pas le guide! Il serait quasiment "impensable" de passer un jour par Cahors sans vous arrêter admirer ce Pont Valentré, célèbre dans le Monde entier. Je vous laisse sur cette pensée et sur ce lien qui vous montrera le pont dans tous ces états, vieux qu'il est du haut de ses 700 ans, il fallait bien qu'on lui rendit hommage...

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16 juillet 2007

Venezia...

En attendant le temps où j'aurai le temps... quelques photos pour patienter. Celui là a une belle tête de vainqueur...

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Posté par chrispix33 à 22:06 - En balade, ici, ailleurs, loin - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le Ksar d'Aït Benhaddou

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Aït Ben Haddou ou le sablier du temps.

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La plus belle route du Maroc
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Depuis Telouet où je vous ai laissés la dernière fois, plusieurs solutions s'offrent à vous pour rejoindre Aït Benhaddou. Soit vous avez le temps et un véhicule adapté et vous empruntez la piste de 35 km qui s'étend au-delà de Telouet (comptez bien 4 heures de route et une piste par endroit défoncée… et évitez de partir trop tard pour ne pas avoir à effectuer une partie de la route la nuit.. !) soit vous choisissez le mode de déplacement le plus rapide (encore que…) en suivant l'asphalte qui mène de Marrakech à Ouarzazate (nationale 9) et qui après le village d'Amerzgame, sur la gauche, vous mène directement à l'un des Ksour les mieux préservés de tout le Sud marocain.

Vous seriez impardonnables de ne pas faire cette visite là…elle vous laissera des images incroyables dans la tête et des souvenirs à foison.

Je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit, mais la route entre Marrakech et Ouarzazate passe pour être une des plus belles routes du Maroc, et elle est certainement de toute façon, la plus belle route de montagne du pays qui soit.
Au détour d'un virage, à hauteur de l'oued Mellah, le spectacle est étonnant ! Rivé à une sorte de butte, un bel assemblage de tours crénelées se détache sur l'horizon. Les tours de la kasbah d'Aït Benhaddou se réfléchissent dans l'oued.

Après avoir laissé votre véhiculedans le village neuf, c'est par une sorte de porte basse, sur la droite du village, que vous entrerez dans le royaume de ce Ksar merveilleux. Ici les éléments du conte d'Emile et Inuit (le célèbre !) sont assemblés pour que l'on puisse se souvenir de cette fortification de terre et de roseau comme d'un lieu magique et chargé d'histoire.


Un village nomade.
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De nos jours Aït Benhaddou est UN village et PLUSIEURS à la fois. En réalité l'implantation du village a connu successivement trois emplacements.

Au départ il y eut les simples maisons réalisées en pisé, édifiées à même la colline, autour de l'agadir (le grenier-forteresse), et cernées d'une muraille de clôture. Elles garantissaient autrefois la sécurité de la population et des biens contre les pillards venus de la plaine. Il faut rappeler que cette vallée de l'oued Mellah était naguère fréquemment empruntée par les caravanes des marchands et celles-ci excitaient bien des cupidités...

Puis à la fin du 19ème siècle, alors que la situation sécuritaire s'améliore, les occupants du village bâtissent des maisons en-deça de l'enceinte protectrice, sur la face la moins escarpée de l'éminence (pas grise mais rocheuse !). C'est le plein essor des kasbahs ; dans lesquelles la sécurité individuelle prend le pas sur le bien être collectif. Derrière les kasbahs, tandis que les vieilles maisons tombent en désuétude et subissent les outrages du temps, des demeures plus simples s'érigent.

Et pour finir, depuis une quarantaine d'années environ, les habitants du village ont retraversé l'oued en sens inverse, ont quitté la Kasbah (un peu désertée du coup) pour édifier de nouveaux groupes de maisons sur la rive droite de l'oued. C'est d'ailleurs par la « ville nouvelle » que l'on parvient au site. Il n'est guère besoin de perdre du temps dans les ruelles qui séparent les nouvelles constructions, la beauté du lieu est ailleurs… suivez-moi !

  Tu es poussière… et tu retourneras en poussière !!!
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Une fois la porte du nouveau village franchie vous aurez une vue saisissante sur l'extérieur du ksar d'Aït Benhaddou! Pour y parvenir, il faut emprunter un petit sentier qui descend jusqu'à l'oued.
Tandis que les mômes du coin tenteront de vous aider à traverser l'oued en marchant sur les cailloux ordonnés dans son lit vous aurez peut-être l'occasion d'apercevoir quelques femmes, aux tenues bigarrées, laver leur linge dans la rivière…

Et si vous vous sentez l'âme d'un Lawrence d'Arabie (une partie du film et d'autres y ont été tournés jadis… j'y reviendrai),vous pourrez louer les services d'un chameau dont vous aurez soin de marchander le prix sous peine d'arnaque manifeste ou en cas de crue de l'oued, monter à dos de mulet pour rester les pieds au sec.

Afin de visiter dans les meilleures conditions ce bijou architectural, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1987, il faut aller se perdre dans les méandres des petites ruelles et des chemins escarpés. La majeure partie des maisons est désormais abandonnée.

Ainsi donc, irréparablement contraintes à retourner à la poussière à cause des intempéries qu'elles subissent, les maisons s'affaissent, s'écroulent et s'amenuisent. Seules quelques familles (une dizaine mais un programme, semble-t-il, prévoit d'en « réimplanter » d'autres) vivent encore dans ces demeures de pisé antiques.

  Une Cinecitta (bis) du Sud marocain… ?
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Outre son classement au patrimoine de l'Unesco, Aït Benhaddou doit probablement une partie de sa renommée mondiale au 7ème art. La mémoire du réalisateur David Lean flotte pour longtemps au-dessus du site et les vieux murs de pisé se souviennent toujours du tournage de "Lawrence d'Arabie".

Quelques habitants se souviennent peut-être encore du bruit des 20.000 figurants chevauchant leurs dromadaires... ou certains autres revivent aussi les scènes les plus mémorables de "Sodome et Gomorrhe".

Plus récemment, il y a plus de 20 ans quand même, en 1984, c'est Michael Douglas qui était venu chercher son diamant perdu (« Les Diamants du Nil »).
Pour les besoins du film une immense porte avait été construite, et Douglas devait y passer dessous aux commandes d'un avion. Réalisée une première fois un peu « juste », la construction s'effondra comme un fétu de paille au premier passage… il fallut la reconstruire ! Mais peu importe… ce travail réalisé par les artisans locaux, ramène aux habitants du village notoriété et monnaie sonnante et trébuchante… En jouant comme figurants dans les productions, en louant leur terre ou en travaillant à la construction des décors, les habitants du coin sont ainsi parmi les plus riches de la région !

La liste des films tournés en totalité ou en partie dans les studios du Sud marocain et dans la région est encore longue : « Harem » (Arthur Joffe, 1985) « Edith et Marcel » (Claude Lelouch, 1983), " »Roll Over » (A. Pakula, 1981), « Liberté, Egalité, Choucroute » (Jean Yanne, 1984), « Des Mots pour le dire » (Vera Belmont, 1983), « Jesus de Nazareth », « La dernière tentation du Christ », « Kundun », « La momie »« Cléopâtre »,« Gladiator », ou encore « Alexandre »..et j'en passe !


La cité du pisé et la kasbah.
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Jaillissant de ce sol ocre et rosé dont il a puisé les matériaux même qui le composent, Aït Benhaddou parait sortir d'un songe issu des temps immémoriaux. Accoté au pied de la colline à laquelle il s'appuie, l'étendue verdoyante de l'oasis, aux alentours, des collines dépouillées, et dans le lointain, entourant âprement l'horizon, l'étonnant désordre des sommets du Haut-Atlas donnent à l'ensemble un côté sauvage délicatement apprivoisé.

C'est sur des fondations de pierre, comme la plupart des kasbahs, que repose celle-ci. Elle est flanquée d'une tour à chaque angle. On pénètre dans la kasbah par une lourde porte en bois ouvragé et on accède ainsi au rez-de-chaussée dans lequel on découvre une reconstitution fidèle d'un intérieur de l'époque : sont visibles successivement un four en terre, une sorte de fourneau pour cuisiner, une meule à grain, quelques vieilles théières en poteries et métal et un peu plus loin, les outils nécessaires au travail de la laine qui servait à la confection des tapis. On dirait en passant dans ces pièces où la pénombre règne, que la vie est suspendue, à un fil, le fil du temps qui passe et que chacun tire, à son tour, pour dérouler l'histoire de ce vieux ksar en perdition.

Par un escalier un peu raide, on accède au toit, d'où la vue sur les alentours et sur le reste du ksar est imprenable. En se retournant on embrasse tout le panorama de la vallée et l'oasis en son sein, et de l'autre côté, c'est la couleur ocre de la terre et du pisé des maisons voisines jusqu'en haut de la colline qui domine. Ça et là, quelques tâches de couleurs émanant de tapis que l'on a mis à sécher, attestent qu'il y a encore quelques familles qui vivent ici…

La toiture-terrasse est établie sur des poutres faites de palmier (pas les gâteaux suivez ! Sinon ça ne tiendrait pas) ! Le plancher, quant à lui est recouvert de branchages, et enfin de terre bien tassée. La sensation, quant on marche est assez étrange je dois dire, et je me suis demandé à plusieurs reprises si nous n'allions pas tout simplement passer à travers le toit… c'est à la fois souple et mou mais paraît solide…
En fait le toit est en légère pente, pour l'écoulement des eaux de pluie vers les gargouilles. Les parties supérieures de la kasbah sont décorées de motifs géométriques d'inspiration berbère (que l'on retrouve sur les bijoux et les tapis : croix du sud, chemin nomade, œil, etc).


Le reste du ksar.
آيت بن حدو آيت بن حدو آيت بن حدو آيت بن حدو

Outre la kasbah, qui mérite déjà la visite à coup sûr, il faut ensuite déambuler dans les rues du village, tout en escalier, en pente et en terrasses où l'on peut trouver au détour d'une rue, une cigogne venue reposer ses ailes, une vieille femme en train de filer de la laine (plus là pour le folklore ou les quelques dirhams qu'elle pourrait glaner en tendant la main à votre passage car la pelote n'était guère conséquente quand nous sommes passés puis repassés…), un homme en train d'égorger une chèvre dans la rue (c'était la veille de l'Aïd, donc compréhensible), quelques touristes mais peu finalement à cette époque-ci de l'année, quelques boutiques de souvenirs et d'artisanat local aussi et des murs, des remparts, des murailles, des pierres, des maisons qui s'écroulent et des restes d'anciennes demeures tombées dans l'oubli…

Prenez le temps de grimper jusqu'en haut, tout en haut du village à l'endroit des premières maisons à présent en ruines, et ouvrez les yeux sur le panorama qui vous entoure : la chaîne de l'Atlas, immense, majestueuse, plus prêt de vous l'oasis, et cette espèce de plateau rocheux qui en fixe les limites sur ses flancs, étonnante curiosité géologique qui émerge au milieu de la plaine…

La sauvegarde.
آيت بن حدو آيت بن حدو آيت بن حدو آيت بن حدو

Le vieux Ksar d'Aït Benhaddou a été inscrit sur la Liste du Patrimoine mondial de L'UNESCO en 1987, à un moment où il ne restait plus dans l'ancien village que quelques familles, la quasi-totalité des habitants étant partis s'établir sur l'autre rive de l'oued. Or l'architecture de terre, le pisé et l'adobe, est d'une fragilité extrême, et une demeure inoccupée se délabre inéluctablement. A chaque pluie un peu forte, à chaque orage lessivant, c'est un peu plus encore de ce jalon du passé de la vallée qui s'amenuise et qui s'efface.

L'Unesco retient 2 critères pour classer ce site sur la liste du patrimoine mondial :

« offrir un exemple éminent d'un type de construction ou d'ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significative(s) de l'histoire humaine ; » ;
« être un exemple éminent d'établissement humain traditionnel, de l'utilisation traditionnelle du territoire ou de la mer, qui soit représentatif d'une culture (ou de cultures), ou de l'interaction humaine avec l'environnement, spécialement quand celui-ci est devenu vulnérable sous l'impact d'une mutation irréversible ; » (source http://whc.unesco.org/fr/criteres/).

On comprend donc pourquoi et comment ce lieu chargé d'histoire, de tradition et au patrimoine architectural si précieux se doit d'être conservé et de demeurer encore longtemps, le témoin vivant de cette superbe région et de ses habitants attachés à leur culture et à leurs racines. Mais il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine…et les effets secondaires d'un tourisme parfois mal développé sont parfois aussi pernicieux que l'usure du temps.

C'est les yeux pleins d'images, la tête pleine de souvenir, et le cœur plein de chaleur humaine que nous avons quitté le vieux Ksar, retraversé l'oued, poursuivis par les enfants, sous le regard des dromadaires indolents.

Nous sommes remontés dans notre minibus, et loin de l'agitation somnolente du village neuf, nous avons continué la piste jusqu'à l'auberge située en plein étendue quasi désertique sur la piste qui conduit à Telouet.

Tout en dégustant le repas qui avait été préparé pour nous, nous nous interrogions sur le devenir de cette région et de ses habitants. Notre guide Mohamed et notre ami Abdil nous ont confié qu'eux aussi étaient un peu inquiets, un plan spécifique prévoit de goudronner la piste que nous avons empruntée jusqu'à Telouet, créant l'ambivalence du progrès et de la destruction du milieu.

Gageons que les habitants de la région sauront toujours maintenir l'équilibre entre ce qui les fait vivre et ce qui leur permet de vivre mieux… « Inch Allah » !

Chrispix

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ECOLE

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Premier jour d'école
Les odeurs de colle
Les visages des enfants
Et l'amour… étouffant
Les parents angoissés
Et les cœurs tout froissés
Les jolies boites de gouache
Les lacets qu'on rattache.
Une joue qu'on caresse
Avec maladresse
La maîtresse maternante
Une classe bourdonnante
Et l'instinct maternel
Qu'on voudrait en modèle


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Première main lâchée
Premiers cœurs arrachés
Les iris qui se voilent
Et se couvrent d'étoiles
Les doux mots rassurants
Et l'amour affleurant
La promesse du soir
« bien sûr qu'on va s'revoir !
Tu vas faire plein de choses… »
Garder les paupières closes
Ne pas trembler la voix
Ne pas montrer l'émoi
Cacher cette triste larme
Celle qui vous désarme…


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Derniers baisers volés
Creux du cou cajolé…
Et puis pourquoi rester
Elle saura s'adapter
Après tout elle est grande…
Oui mais on appréhende.
Comment va -t-elle s'y faire ?
Elle n'a plus ses repères…
Et elle connaît personne !
Cœur qui serre et frissonne
Puis se ferme la porte
Va falloir qu'on supporte
Cette pourtant courte absence
Comme une nouvelle carence


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La journée sera longue
Mais au premier coup de gong
Il ou elle sera là
Et ouvrira ses bras
Les yeux seront sourire
Les cœurs vont refleurir
Les mains encore s'étreindre
Les derniers doutes s'éteindre…
Puis les mots s'articulent,
Trop d'idées se bousculent !
« On a fait tant de choses »
S'éloigne la psychose…
Bien sur que c'était bien !
On y retourne demain ?

Pour toi Jade.


Ton papa…

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Enfants du monde...

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Enfant du divorce
Tu perds ton écorce
Ta vie se déchire
Et tu vas fléchir.

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Enfant de la différence
Qui cache ton apparence
Derrière l'indifférence
Et la transparence.

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Enfant de la peur
Qui tous les jours se meurt
Sous le joug et les heurts
Tu vis dans la torpeur

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Enfant de la violence
Les coups sont ta cadence
Ton quotidien la maltraitance
Et ton avenir, les carences

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Enfant de la guerre
Qui ne connaît que pierre
Eclat d'obus, étincelle
Déjà tu chancelles

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Enfant de la haine
Qui subit les chaînes.
Les matins blêmes
Sont ton requiem

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Enfant de la faim
Qui ignore le pain
Ta peau décharnée
Ton regard désincarné

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Enfant de l'amer
Qui voit sa propre mère
Abattue par un sniper.
Tu as perdu tes repères

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Enfant de la mort
L'horizon des corps
En éternel hiver
Est ton seul univers

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Que des bras se tendent,
Des mots te défendent.
Pour briser l'anathème
Conjurer ce blasphème !

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Enfant de l'amour ?
Enfin de l'amour ?
Sans compter, sans retour ?
Aujourd'hui est ton jour…

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Chrispix

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Quand l'amour fleurit

Quand l'amour fleurit
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Laisser les volutes de parfum s'échapper de ces fleurs
Perdre son regard dans les champs ocrés des blés murs
Pour enfin sans un bruit, pleurer un rêve qui dure
Et taire pour un instant les échos des douleurs


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J'ai oublié le bleu nuit de ses rêves d'opaline,
Pour inventer l'icône nouvelle d'un pays secret
Dans la pénombre ici, une silhouette se dessine
Que ma main dans le flou trace encore à la craie.


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Un rayon de soleil s'est lové au creux de son épaule
Et c'est comme un calice à son regard bleuté
Il y naît une aurore qu'on ne trouve qu'au pôle
Et prolonge à jamais de ses yeux la beauté


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La douceur de ses seins, la rondeur de ses hanches
Ont luit sous les ombrages d'une lumière nouvelle
Et ravivé d'un coup la piété éternelle
D'un cœur et d'une main restée un temps si blanche,


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A force de serrer un amour contenu.
Le cercle d'or de ses yeux délicats
Donne à son regard des milliers de carats
Qui brillent dans l'azur d'un reflet soutenu.


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Mon cœur demeure lourd comme un ciel d'orage
Il tourne, s'use et bat mais jamais ne se fend
Il se souvient encore comme d'un doux mirage
De ces jours passés à construire le présent


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L'ondée de notre amour a vu fleurir le jade
Qui au cœur d'un automne a battu la chamade
Ce bourgeon prometteur attendu si longtemps
Nous fait danser  ce jour une valse à trois temps


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Si d'aventure un matin nos sentiments se fanent
Si pour toi mon amour devient soudain profane
Quand la fleur aura séché et les pétales seront tombés
Tu découvriras au beau milieu et prêt à succomber:

Mon cœur

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27 juin 2007

La kasbah du Glaoui.


 La kasbah du Glaoui.   

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Trouver la kasbah. A la recherche du Glaoui perdu….

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C’est la première chose que vous verrez en arrivant dans le village de Telouet… pas les Glaoui, mais la Kasbah… Bien qu’elle soit située sur un promontoire, dans la partie supérieure du village, elle n’est en fait accessible que lorsque vous aurez traversé le dit village et l’oued Imarène. Il faut en effet dépasser le centre de Telouet et c’est par la sortie du village, après l’auberge, que vous pourrez accéder à la kasbah du Glaoui.


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On parvient à la kasbah par une piste sur la droite qui conduit jusqu'à la porte principale du Dar Glaoui. Cette forteresse comporte un ensemble de bâtiments remontant successivement aux XVIII, XIX ème XX ème siècles et constitués d'ajouts successifs, mais c’est la partie la plus récente qui se visite encore. Les restes des kasbahs précédentes ne forment plus que quelques murs en pisé et en adobe sortis de terre avant l’entrée principale de la Kasbah du XIX. Une enceinte principale à plusieurs cours entourées de murailles crénelées donne à l'ensemble un aspect des plus singuliers.


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Vous pourrez laisser votre obole ( donner la même rémunération que pour une entrée de musée officielle soit aux alentours de 20 dirhams par tête de pipe.) au gardien du lieu, facile a repérer puisqu’il se balade avec une énorme clef en permanence.

On visite deux pièces des somptueux appartements, qui ont été miraculeusement sauvegardées. Et je reviendrai sur ce point plus bas…


 La kasbah kesako ? 

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L’art hispano-mauresque et les conquêtes arabes (telles qu’on peut en voir des traces à l’Alhambra de Grenade) n’ont jamais eu vraiment d’influence sur l’architecture berbère.

Typiques des vallées du Draâ et du Dades, les Kasbahs du sud du Maroc demeurent les plus belles expressions d’un art ancestral et rural qui les font ressembler aux constructions traditionnelles du Yemen (pour ceux qui voient ce dont je parle…yeah !!! men !!!)

Pendant des centaines d’années ces constructions de terre ont joué un rôle prépondérant comme le firent en leur temps nos châteaux féodaux. (non pas fait au dos ! avec des glaouis ça prêterait à con- fusion !).

Tout comme ces derniers, elles étaient les demeures fortifiées des seigneurs. Le plus souvent situées sur des pitons rocheux isolés ou des proéminences naturelles (pas de silly connes à l’époque !) elles symbolisaient la puissance des caïds (les représentants du Sultan ou des Pachas (les gouverneurs des villes impériales).

Les Kasbahs étaient les points de contrôle des oasis et leurs voies d’accès, utilisées en tant que points de ravitaillement pour les nomades du désert et prenaient faits et causes pour les caravanes contre les brigands et les pillards de grand chemin.

De nos jours, elles garantissent une belle assise aux notables ou aux cultivateurs, lorsqu’elles ne sont pas tout simplement à l’abandon…. Ce qui est le cas de celle du Glaoui !


 L’antre du Glaoui

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Qui était cet homme au passé et à l’histoire controversés, dont la vie se confond presque avec celle du protectorat français au Maroc… ? Je ne vais certainement pas faire un cours d’histoire… ce ne serait ni le lieu, ni le sujet de l’avis.

Juste ces quelques mots pour dire, que bien que la Kasbah ait été présente depuis des siècles dans la commune de Telouet, c’est El-Hadj Thami el-Mezouari el-Glaoui, dit « le Glaoui » (merci d’avoir fait court !) qui a permis à Telouet de rayonner en ces heures où se pressait dans la Kasbah, le gratin mondain du moment...

A la fois formidablement riche mais remis à flots, de façon constante par l’administration coloniale, le Glaoui, devenu Pacha de Marrakech avec la bénédiction de Lyautey à l’époque, voyageait en voitures de luxe, s’adonnait aux joies de balles de tailles sensiblement similaires à celles de glaouis… (au golf ! à quoi pensiez-vous ?) et tirait ses revenus de l’exploitation des mines de sels, des multiples bordels de Marrakech et des taxes qu’il prélevait sans vergogne sur ses sujets. Pour la petite histoire, ceux qui ont l’âge de s’en souvenir, ont certainement entendu parler de Cécile Aubry et de Mehdi el Glaoui son fils, qui joua dans les séries télévisées écrites par sa mère (Belle et Sébastien, Polly,...). Et bien sachez que l’actrice-scénariste, alors mariée au Pacha de Marrakech, avait ses quartiers résidentiels dans cette forteresse luxueuse…

Aspect général.

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Le plus souvent, les kasbahs suivent à peu près toutes les mêmes règles architecturales et celle de Telouet n’y déroge pas, elle en est même un des fleurons, je dirais.

Les fondations de pierre reçoivent des murailles épaisses, elles mêmes flanquées de tours ornées de merlons (la partie pleine du parapet entre deux créneaux ; rien à voir avec les bagnoles je vous rassure !) disposés en épis aux 4 points cardinaux et qui marquent les limites de la bâtisse.


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Tout comme la majeure partie des maisons de Telouet, Les murs de la kasbah sont en pisé et le centre de l’habitation est un patio, qui apporte la lumière à l’ensemble.

L’ornementation extérieure des tours et du haut des murs est en adobe, briques de terre crue argileuse, qui permet d’exécuter des motifs en creux et en relief qui ajourent les parties hautes.


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Suivez le guide….

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La kasbah de Telouet est comme une vraie cité : à la fois forteresse, château-fort et caravansérail, c’était et c’est encore pour les pièces restant en état de visite, un merveilleux palais aux salles innombrables et jadis luxueusement décorées.

Il ne subsiste aujourd’hui qu’une partie « visitable », le reste tombe en miettes, victime du temps qui passe, des intempéries et des querelles politiques de jadis qui perdurent…

Au sein des bâtiments, rongés par l’usure, deux pièces ont néanmoins conservé leurs splendeurs décorative d'origine andalouse : le Harem et la salle de réception. Ceux qui ont eu la chance de visiter l’Alhambra de Grenade, retrouveront ici des caractéristiques communes : un sens de la couleur, du détail, de la minutie des sculptures et des proportions sans pareille.

A la croisée des fenêtres, vous pourrez admirer le superbe travail de ferronnerie exécuté et qui laisse une vision idyllique sur les montagnes alentours. Les stucs et les zelliges, les plafonds peints et les sculptures des portes en cèdres, rehaussées de serrures en argent laissent imaginer la beauté du lieu à l’époque de sa magnificence…


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La salle de réception.

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C’est à travers les fenêtres grillagées de la salle de réception que l’on aperçoit le paysage extérieur. Le sol de la pièce est en marbre da Carrare. Les plafonds, en bois avec poutres et solives apparentes ou à caissons, sont couverts de peintures accordées de motifs floraux, géométriques ou avec effets « velours » et font ainsi écho aux couleurs, dessins et tissus tendus des banquettes qui font office de mobilier dans la pièce. Les effets « nids d’abeille » (les muqanas) réalisés en bois ou en plâtre reproduisent une architecture suspendue pleine d’originalité et de talent.


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Quant aux colonnes multiples, elles sont habillées de zelliges et de stucs. La rigueur géométrique des figures étoilées, des frises en forme de losanges ou en forme de pattes de lion, de tresses ou de nœuds est une pure merveille. Même les couleurs, harmonieusement choisies répondent comme en écho à ces sculptures ciselées avec grâce. La blancheur des ornements végétaux (des rinceaux si mes souvenirs sont bons…) contraste avec l’éclat encore présent des multiples faïences et vient en adoucir les couleurs, le tout rehaussé de calligraphie coufique.


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C’est difficile de décrire des choses aussi fines sans rien oublier…, les quelques photos qui émaillent ce texte  vous donneront une idée peut-être plus précise de la beauté de l’ensemble.

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Le Harem.

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C’est l’espace clos réservée aux femmes. C’est un monde à part, hors de toute contingence temporelle. Comme on l’imagine, il est comme ouaté, impénétrable (quoi que.. m’enfin bon…) et secret. Malheureusement une tempête malvenue, en 2004, a endommagé les zelliges, les stucs parfaits et ciselés et les plafonds en bois peints qui suggéraient si bien que ce monde était un espace énigmatique et épicurien…


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Tout comme la salle de réception, les plafonds sont finement et richement décorés, les colonnes ouvragées de mille et un détails qui font de ce lieu un plaisir pour les yeux et un apaisement de l’âme. L’endroit est globalement plus sombre mais les fenêtres qui donnent sur l’extérieur, elles aussi réalisées en ferronnerie, laissent filtrer juste ce qu’il faut de soleil pour subtilement rehausser les contours des ornements et jouer avec les ombres et les lumières de chaque couleur.


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C’est par un escalier que l’on accède à la terrasse. De cet endroit magique, on embrasse d’un coup d’œil toute la région alentours à perte de vue…Les sommets enneigés à cette époque de l’année contrastent avec la rougeur des terres arables autour du village (oui, il y aussi des arables au Maroc !), les ocres orangés des maisons traditionnelles en pisé et les quelques carrés de verdure accrochés aux montagnes… Le panorama est splendide malgré le piteux état dans lequel se trouvent les verrières aux parois brisées, les toits en tuiles vernissées vertes pillées par endroit et les nids de cigognes qui occupent les espaces disponibles en hauteur.

 


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Ce sont d’ailleurs les cigognes, nichées au sommet des tours qui demeurent les ultimes sentinelles de ces vestiges négligés et légués à l’usure du temps et des intempéries.


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Un chef-d’œuvre en péril.

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Car malheureusement, rien n’est fait ou presque, au niveau culturel et politique pour sauver ce patrimoine en péril. Entre autres, pour des raisons politiques mais aussi économiques, liées à la personnalité du Glaoui et à son histoire avec les autorités royales à l’époque, la Kasbah du Glaoui de Telouet se meurt un peu plus chaque jour, victime de ces conflits stupides qui empêchent que ce site soit, par exemple, classé au patrimoine Mondial de l’Unesco, comme l’a été sa voisine d’Aït Benhaddou…

En effet le fameux ksour d’Aït Benhaddou, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis la fin des années 70, a bénéficié d’un programme d’aide qui a permis sa restauration partielle dans le respect des procédés anciens de construction.

Qui plus est, l'activité touristique de la région étant assujettie à la présence de sites "à visiter" ou "à voir" mais aussi, il faut bien l’avouer, de leur bon état de conservation, la Kasbah de Telouet, se doit de recouvrer, dès que possible, une partie de son lustre et des ses charmes d’autrefois : pour le bonheur des visiteurs et des populations locales, fières de pouvoir montrer les savoir-faire de leurs ancêtres ; pour le développement économique, social et touristique de la région et de ses environs ; et pour finir, pour continuer sereinement à croire et à envisager l’avenir.

Bien sûr, l’administration royale et le gouvernement marocain ont d’autres priorités que d’envisager la restauration de la Kasbah de Telouet, le pays est pauvre, et a besoin de se construire économiquement avant de pouvoir envisager de telles dépenses… Néanmoins, nous autres touristes, gens de passage, amoureux de la région ou exilés marocains de Telouet, pouvons alerter sur la nécessité de faire quelque chose pour ce joyau de l’art berbère…

Alors les habitants de Telouet se battent tous les jours, à leur échelle, pour que ce capital culturel et historique ne sombre pas dans l’oubli…

C’est donc un instant d’émotion et un ravissement pour les yeux que d’imaginer la vie à l’époque du Glaoui dans ces lieux chargés d’histoire et de passé au goût d’orient, de caravansérail et de luxe. Car si la personnalité du Glaoui a aussi ses côtés « sombres », la vie qu’il a menée dans cette kasbah laisse un parfum de nostalgie… Grandeur et décadence d’un lieu marqué par le passé !

Si un jour, vos pas vous mènent dans le Haut Atlas Marocain, faites un détour par Télouet,  poussez la porte de la kasbah et allez admirer ses vestiges … c’est un voyage qui vous laissera des souvenirs forts mais aussi un goût amer, comme un sentiment d’inachevé et de frustration à l’idée que tous ces merveilleux ornements puissent un jour sombrer dans l’oubli et l’indifférence.

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Chrispix.

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06 mai 2007

TELOUET

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C'est l'âme pressée par le désir de la découverte et l'envie de rencontrer nos hôtes que nous sommes arrivés à Telouet après avoir franchi le plus haut col routier du Maroc culminant à 2260 mètres , le col du tizi 'N tichka qui marque la frontière entre les provinces de Marrakech et de Ouarzazate.

col_du_tichka

Arriver à Telouet.
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Sur la route en venant de Marrakech, après avoir bravé les vendeurs de géodes et autres minéraux, où le pire (moulages de polyester ou de résines figurant des ammonites et de magnifiques reconstitutions géologiques assaisonnées de mercurochrome ou de vert fluo) côtoie le meilleur (véritables cristaux de roches et fossiles de fort belles formes et variétés) on emprunte une petite route située sur la gauche, 6 km environ après le passage du col susnommé.

La route, qui n'est accessible qu'après un quasi-demi-tour sur route, s'apparente tout d'abord à un petit chemin de campagne assez étroit mais néanmoins asphalté… enfin au début ! Par la suite cette petite route sinueuse et pittoresque, égayée de superbes couleurs de terres et de végétations entre rouges, ocres et verts gris étonnants se meut en piste défoncée par les intempéries jusqu'au passage d'un petit gué rendu obligatoire par la chute inopinée du petit pont jouxtant le passage présentement offert aux roues de notre camion lors d'un orage un peu violent le mois dernier.

078_jeudi_28_d_cembre_2006_17h03_de_rabat___Telouet


Globalement la route est en assez mauvais état (si l'on prend pour référence nos acquis d'occidentaux repus de goudron lisse et rectiligne) et s'effondre même par endroit (de petits cairns sur le bord de la route signalent d'ailleurs les passages les plus délicats) et il convient d'être prudent lorsque l'on croise un autre véhicule, que ce soit un autochtone au volant de sa voiture surchargée, aux 5 tours de compteur, qui n'a cure de quelques frottements ou nids de poules, ou le 4X4 rutilant et fier du guide au service des gentils touristes des clubs Marmara et autres qui viennent contribuer à la défonce de ce paisible chemin de montagne, cachés derrière leurs vitres teintées et les yeux rivés sur les bas côtés, le cœur au bord des lèvres et la satisfaction d'avoir cru voir de l'authentique en restant cutés sur leurs moelleux sièges de moleskine…

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Au bout d'une vingtaine de kilomètres, parcourus à allure modeste, autant pour profiter du paysage enchanteur, que pour éviter les multiples marcheurs et conducteurs d'ânes batés circulant sur les bas côtés, on parvient en vue du village de Telouet, qui se dresse fièrement sur un plateau de terre ocrée et rouge.
Le village ne semble pas très étendu à première vue, mais la commune de Telouet abrite plusieurs dizaines de milliers d'âmes.


sur_la_route_de_telouet

Situé au cœur du pays Glaoua, dans cette haute vallée où coule l'oued Imarene, le village est dominé par l'impressionnante Kasbah du Glaoui de Télouet, dont j'aurai l'occasion de vous reparler.

Un peu d'histoire.
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Dep uis toujours ou presque, cette région du haut atlas est habitée par des berbères apparentés à la grande famille des Masmouda. Le col de Télouet, à 2460m d'altitude, à la croisée des échanges culturels et économiques, était connu naguère sous le nom de Porte de Deren.
Il servait également de communication entre deux grandes origines de peuplement et d'activités économiques, la région du Sous et le Haouz.

Autrefois, Télouet était le lieu de passage obligé des caravanes allant de Marrakech à Ouarzazate avant la mise en construction de la route qui passe par le col du Tizi n-Tichka. C'est grâce à cette position stratégique qu'elle demeura pendant une centaine d'années, l'un des fiefs des seigneurs glaoua. Au milieu du XIX ème siècle, le col de Télouet concourut à la puissance des Glaoua développée, à partir de 1858 environ, par Mohamed Amezwar et par Si Madani, fils et petit-fils d'un Cheikh de Télouet, marabout exploitant une mine de sel, (toujours en activité et que nous avons visité d'ailleurs).

En 1893, le Sultan Moulay el Hassan revenait d'une campagne au Tafilalet. Contraint de demeurer à Telouet à cause d'une tempête neige, il reçut un accueil des plus chaleureux, (on sait donc d'où nos hôtes tirent leurs habitudes…) et Si Madani, lui fit acte de fidélité.

Avant de partir, le roi, lui laissa en guise de gratifications, des fusils modernes, un canon Krupp et quelques obus que Si Madani utilisa ensuite pour asseoir son autorité et l'accroître géographiquement.

Plus tard, à partir de 1912, avec son frère Thami, ils eurent assez de jugement pour se rallier au Protectorat sous lequel ils développèrent considérablement leur domaine… A la mort de Madani (de chagrin paraît-il, après le décès de son fils au combat) c'est Thami qui prit la relève en 1919.

Parmi ces seigneurs, c'est donc l'influent Al Hadj Thami al Glawi (1875-1956), pacha de Marrakech, dit « le Glaoui », qui naquit et finit ses jours dans son Palais à Télouet, qui marquera le plus son temps.

Le village.
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De part sa situation géographique et stratégique, Telouet a toujours joué un rôle prépondérant dans cette vallée. Pour autant, outre la situation de la kasbah sur les hauteurs, le village est tout ce qu'il y a de plus rural et traditionnel et donc par-là même, pour les touristes que nous fûmes (c'est du belge !), un vrai gage d'authenticité…

La partie haute du village est constituée de maisons plus modernes, aux toits en terrasses mais c'est dans la partie basse du village et sous la kasbah que l'on trouve la majeure partie des maisons réalisées en pisé. C'est ce mélange de terre et de paille, qui, constitué selon d'ancestraux procédés isole à la fois de la chaleur et du froid.

C'est aussi cette couleur de la terre d'origine, qui, en passant de l'ocre au rouge en fonction de l'éclairage du soleil confère au lieu entier une unité harmonieuse malgré les différences de formes des maisons.

L'une des plus belles et grandes maisons du village est celle du caïd. Elle est située dans la partie du village la plus moderne.
Mais c'est en se perdant dans les ruelles, en contrebas, que l'on peut admirer ce savoir-faire séculaire et la variété des maisons traditionnelles.

Notre guide ce jour là, qui n'est autre que le voisin de notre maison, nous mène dans son village et nous fait découvrir, fièrement, les richesses de son patrimoine : d'abord le souk et ses multiples boutiques (il se tient le jeudi), puis, la place du village, traversée par l'unique route qui se poursuit au-delà de Telouet vers la mine de sel et la ville d'Aït Benhaddou et entourée des quelques magasins où il est possible de se ravitailler en victuailles et objets de première nécessité, ensuite, la partie plus moderne, composée de la poste, de l'école, de la maison de la commune, et au-delà en descendant vers le bas du village, et en laissant la kasbah sur votre gauche, l'ancien quartier juif avec ses vieilles maisons et ses petites rues sinueuses aux porches couverts.

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A cette époque encore et malgré la température parfois hivernale, les enfants sont dehors, à jouer sur les terres-pleins devant les habitations. Les hommes sont peu visibles, occupés à la mosquée, et les femmes s'occupent du linge qu'elles mettent à sécher le plus souvent, à même les buissons. Ce sont ces scènes là, venues d'un autre âge, pour nous étrangères et sans égales, qui ramènent l'esprit des pauvres touristes que nous sommes à la dure réalité de cette région : dénuement absolu pour certains, mais ce sourire, toujours vissé au coin du visage et ce regard chaleureux qui vous enveloppe de bienveillance.


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Partout nous avons été accueillis avec gentillesse et simplicité. On nous a convié à visiter les maisons, à nous asseoir dans ces salons marocains si hospitaliers et à boire l'éternel thé à la menthe ou à l'absinthe, véritable symbole de l'hospitalité berbère…

Pour quoi venir à Telouet ?
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Chacun trouvera en venant au Maroc une raison d'y séjourner selon ses goûts. Il n'était pas dans nos projets d'aller passer 10 jours sur une chaise longue au club Marmara de Marrakech ou de nous faire secouer la couenne dans des 4X4 tape-culs sur la route des Ksour et des kasbahs du haut Atlas.

On peut venir à Telouet pour simplement goûter aux plaisirs de la marche ; des excursions sont organisées dans les montagnes aux alentours et vous pourrez demander aux guides disponibles de vous y conduire. Ils se feront une joie de vous faire découvrir la campagne environnante et les possibilités de bivouac en altitude.

Si vous avez le pied moins montagnard, vous pourrez quand même suivre les sentiers muletiers et laisser errer votre regard sur la beauté fascinante des paysages. Le contraste entre les couleurs chaudes des terres et des habitations et celles, plus froides des rares îlots de végétation et des cimes enneigées est un spectacle que vous n'êtes pas prêts d'oublier….

De Telouet, vous pourrez aussi partir pendant 2 ou 3 jours, à la découverte du désert du sud marocain, finalement pas si loin…
Si vous êtes équipés d'un véhicule suffisamment aguerri, voire un tout terrain, vous pourrez vous risquer sur la route qui va vers Aït Benhaddou et trouverez alors d'autres villages sensiblement identiques à celui-là, voire plus beau encore, comme ceux Anemiter ou de Tighza.

Il faut compter 4h pour parcourir les 35 kilomètres de piste en 4X4. Mais la ballade vaut le coup. Tout le parcours est à l'écart des circuits traditionnels et la végétation et les paysages y sont magnifiques.

A 8 km au delà de Telouet, toujours sur la piste carrossable qui va vers Ouarzazate, se trouve la mine de sel. La piste qui y mène part en épingle, sur votre gauche. Vous ne pouvez guère vous tromper : il suffit de suivre les traces de sel au sol !

Un gardien vous fera visiter (rapidement mais entrer vaut le coup d'œil) moyennant quelques dirhams. Il est un peu susceptible de la photo… et réclame aussi une obole pour le tirage de portrait ! Mais une photo ne se paye pas, nous avons donné pour la visite, pas pour la photo, ne lui en déplaise.

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La visite est étonnante si vous ne connaissez rien à l'extraction du sel de cette manière. Les installations sont sommaires mais le lieu vaut quand même le détour, et les paysages, que l'on croirait tout droits sortis d'un roman de Jules Verne ou de Ray Bradbury sont d'une beauté peu commune. Je n'ai jamais vu autant de nuances de rouges dans un seul paysage, c'est tout simplement fabuleux. On croit vivre entre chimère et réalité….

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L'avis d'un berbère d'occasion.
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Oui l'endroit est tout simplement beau et vrai.
Non, vous ne verrez pas de chameau ici. 
Vous n'y verrez que des ânes, des moutons et quelques vaches. Mais vous y trouverez le bonheur simple du contact avec les berbères qui vous accueilleront à bras ouverts, parfois avec un peu trop d'empressement, si vous ne savez pas déjouer les pièges tendus par « les faux touaregs » à l'entrée du village…

Mais si vous prenez la peine et le temps de vous asseoir autour d'un thé, vous découvrirez alors ce que la vie dans le haut atlas Marocain peut avoir de fantastique, dénuée de toute forme d'artifice et de complications…

Là-bas, nous avons trouvé l'évasion, le dépaysement et la paix que nous cherchions. Nous avons partagé la vie de cette civilisation, proche mais finalement mal connue, de cette ethnie d'anciens nomades sédentarisés. Nous avons assisté aux fêtes de l'Aïd, avons pris nos repas avec ceux qui sont devenus, au fil des jours, nos amis.

Ce sont ces plaisirs simples et authentiques, loin de l'agitation des villes et plus proche de la nature que nous avons égrenés pendant notre séjour à Telouet.

Et c'est le cœur serré et l'émotion palpable que nous avons quitté le village de Telouet, laissant nos hôtes à leurs vies paisibles et retournant à nos existences trépidantes de gens pressés avec une seule idée en tête : trouver rapidement l'occasion d'y revenir ! A vous, Abdil, Mohamed, Aziz, Ali, Ahmed, Radia et les autres… nous disons juste merci de nous avoir accueillis parmi vous.


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« Les hommes pressés sont déjà morts… »

Chrispix.      

Posté par chrispix33 à 21:41 - En balade, ici, ailleurs, loin - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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